Chalon. Une famille de huit Roms kosovars survit depuis sept jours dans un hall d’immeuble. Sans toit, ni aides
le 04/06/2012 à 05:00 par Catherine Zahra
Renvoyée d’une administration à l’autre, une famille de huit Roms kosovars squatte, faute d’aides, depuis sept jours, un hall d’entrée d’immeuble à Chalon.
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Un large carton à même le sol recouvert d’une couverture pour isoler du froid du carrelage, quelques duvets, couvertures et des sacs entreposés ici et là. Voilà tout ce qui reste de la vie de cette famille de Roms kosovars, réfugiée depuis sept jours aujourd’hui dans un hall d’immeuble du cours Marcel-Pagnol à Chalon.
Proches assassinés et maison brûlée
« Depuis deux mois que nous sommes en France, personne ne nous aide », dénonce dans un français approximatif Halil Hasani, le père de cette famille de cinq enfants dont le dernier a tout juste quatre mois. « Heureusement qu’il y a les habitants de l’immeuble pour nous fournir du lait pour le bébé et de la nourriture pour les enfants », lâche la maman en regardant tristement ses enfants dont l’aînée a à peine douze ans. La grand-mère, la maman d’Halil, est là aussi et elle est malade. Elle souffre d’asthme. « Papa et frères assassinés au Kosovo. Plus de famille là-bas », explique Halil. « Maison brûlée », ajoute sa compagne. Mais à Chalon, ils n’ont pas plus de toit, ni même de salle de bains ou de toilettes.
Cette famille de demandeurs d’asile, selon Halil Hasani, se fait renvoyer d’une administration à l’autre sans succès. Ils ont tenté leur chance à Mâcon, Chalon et Dijon.
« Pas d’argent », souffle Halil en montrant les contraventions qu’il a accumulées à la SNCF.
Et l’homme ne sait toujours pas comment se rendre à sa prochaine convocation pour le 8 juin prochain à 11 heures en préfecture de Dijon.
L’association RESF sur le pont
Aussi ont-ils décidé de squatter un hall situé à proximité de l’ASTI (association de Solidarité avec les travailleurs immigrés). Mais selon Halil, « ni la mairie, ni la Croix Rouge ne leur ont proposé une solution ou un toit. On se moque de nous car nous sommes des Roms », déplore-t-il.
Dans l’immeuble, des habitants se mobilisent. « C’est une honte de laisser une famille vivre comme ça alors qu’il y a un bébé », dénonce une résidente.
« Certains ont donné des couvertures, d’autres de la nourriture. Il faut qu’on leur trouve une solution. Ils ne peuvent pas rester là indéfiniment ».
C’est aussi ce que pense l’association RESF qui hier a appelé ses membres et ses sympathisants à se mobiliser.
« Des discussions doivent avoir lieu ce lundi entre l’ASTI et le 115 », précise l’association. En attendant, cette famille vit de la générosité des habitants du quartier du Stade.
http://www.lejsl.com/faits-divers/2012/06/04/sans-toit-ni-aides

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